Crédit Social des Fonctionnaires

Une association loi 1901
créée en 1955 par des fonctionnaires pour tous les agents du service public.
Sa mission ? Vous aider à améliorer votre quotidien,
par le biais de services,
mais aussi par des solutions de crédit, d'épargne et d'assurance proposées par :

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L'établissement financier du CSF

CSF Assurances

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carte d'adhésion au CSF

CSF Magazine N°81

La publication trimestrielle du Crédit Social des Fonctionnaires

SÉminaire associatif 2010 : Un objectif, la recherche de l'excellence !

Jean-Marie Alexandre, Président du CSF«Feuille de route pour l'année à venir.»

C'est une tradition maintenant solidement établie au sein de notre association. Chaque année, le président Jean-Marie Alexandre réunit les forces vives du Crédit Social des Fonctionnaires à l'occasion d'un séminaire qui, avec l'Assemblée générale de juin, constitue le deuxième temps fort national de notre vie associative.

C'est le moment privilégié où se rencontrent nos élus nationaux, nos militants départementaux et nos équipes professionnelles.

A cette occasion tous les participants ont suivi l'édition spéciale de « CSFTV ». Sur un plateau de télévision fidèlement reconstitué avec beaucoup de professionnalisme par notre service Communication, se sont succédé des acteurs et témoins du dynamisme, de l'originalité et de l'authenticité de l'action militante et de la vie associative au C.S.F. Regroupés en commissions, militants et professionnels ont travaillé et réfléchi ensemble, à trois axes majeurs de progrès pour le développement de notre association : en premier lieu, l'optimisation de la relation humaine instaurée entre les conseillers et nos 20.000 correspondants bénévoles.

Au-delà de la personnalisation utile de la relation entre le conseiller et « son » correspondant, le rôle et l'implication du Président de la Commission départementale sont évidents. Nommé à cette fonction, chaque année, par le président du CSF, il est l'interlocuteur naturel et légitime de l'association dans le département. Le Président de Commission départementale est à coup sûr le mieux placé pour aider l'équipe professionnelle du secteur à renforcer le réseau de correspondants dans les administrations et entreprises publiques. Son rôle est déterminant dans la réussite de nos réunions de Commission départementale.

DGAvec l'aide du Vice-président Senior, dans les départements où il est déjà en place, il peut mettre en place les passerelles nécessaires entre le CSF et les associations et organismes regroupant les retraités au plan local ou départemental.

Le président Jean-Marie Alexandre, clôturant les travaux du séminaire 2010, s'adressant à l'ensemble des forces vives de l'association, élus nationaux, militants départementaux et professionnels, a dressé avec une gravité marquée la feuille de route du CSF pour la fin de l'année et pour l'exercice 2011 : « En cette période de post–crise, dont nos collègues fonctionnaires et agents des services publics sont les premières victimes, nous ne devons pas nous contenter d'être bons, nous devons être excellents. Cette recherche de l'excellence recouvre de manière complémentaire la globalité de notre engagement au coeur du service public : clarté et honnêteté de l'information, vérité de la relation à l'adhérent, accueil, conseil, accompagnement et suivi attentif ; et bien sûr qualité exceptionnelle des services rendus et des produits offerts. C'est dans ces conditions que nous pourrons continuer à mériter la confiance de nos deux millions de collègues qui nous ont fait confiance depuis la création du CSF ».

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OÙ VA LA TÉLÉVISION ?

Chiffres clés : La télé aujourd'hui, c'est… 19 chaînes gratuites sur la TNT, 4 000 chaînes sur son ordinateur, 3h33 minutes d'écoute moyenne chaque jour, 3,3 milliards de chiffre d'affaires publicitaire

Où va la télévision ?De « l'affaire Delarue » où le célèbre animateur TV se retrouve en garde à vue pour se soutenir à la cocaïne, à la télé-réalité où s'affichent la vulgarité et l'agressivité sans bornes : Où va la télé ? On aurait tort de se focaliser sur ces dérives. Car la télé bouge, change, s'adapte à notre époque. Elle en est le reflet, pour le pire parfois, mais aussi pour le meilleur.

Le nombre de chaînes explose

« Captez 4000 chaînes TV sur votre ordinateur ! » annonce une publicité. 18 chaînes de télévision gratuites avec la TNT (télévision numérique terrestre) ! Avec une offre 3-Play, vous disposez pour 30 euros par mois d'internet, du téléphone et de près de trois cents chaînes de télévision du monde entier.

On peut regarder les programmes sur son téléviseur, son écran d'ordinateur, son téléphone portable, son Ipad… Le temps n'est plus une contrainte : on peut voir ou revoir son programme, à volonté. Le lieu non plus n'a pas d'importance : chez soi, dans le train, au bureau…. Sans compter les reprises de programmes disponibles sur YouTube ou Facebook.

Mais si le nombre de chaînes peut se multiplier à l'infini, le contenu des programmes ne peut pas suivre le rythme. Alors à défaut d'inventer, on recopie : reprises, scénarios de jeux standards traduits pour toutes les langues, séries –le plus souvent américaines– diffusées à tout va. Programmes de télé-réalité, du Loft à L'île de la tentation, de Secret story à Koh Lanta. C'est qu'il faut fournir ! Des heures et des heures de programmes pour des chaînes toujours plus nombreuses. Et il faut plaire !

Toujours plus nombreux devant le petit écran

Si le nombre de chaînes peut se multiplier à l'infini,
le contenu des programmes ne peut pas suivre le rythme.La télévision ne connaît pas de crise d'audience : au premier semestre 2010 la durée d'écoute TV s'est établie à 3 heures et 33 minutes par jour, soit 6 minutes de plus en un an. Contrairement à ce qu'annonce la marionnette de PPDA aux Guignols de l'info, la télévision n'est pas l'ancêtre d'internet. Elle résiste à tout. Toutes les récentes innovations technologiques ne parviennent pas à la détrôner. « Allons-nous enfin comprendre le rôle irremplaçable de la télévision ? s'écrie Dominique Wolton (« La télévision », éd. CNRS, 2009). Plus les médias jouent la carte de l'individualisation et de la segmentation de l'information, comme le permet internet, plus grand sera le besoin de lien collectif ».

Les Français se plaignent de leur télé mais la regardent toujours plus. 71 % des Français pensent que la télé est « le média qui rassemble le mieux la famille ». Et ce phénomène est mondial : la consommation du média TV est en forte progression dans la plupart des grands pays.

La création en panne

Ce qu'on appelle création ou fiction, c'est le tournage, pour la télévision, d'oeuvres originales. C'est ce qui fait depuis des lustres le charme des programmes, depuis « La caméra explore le temps » jusqu'à « Plus belle la vie » ou encore Gérard Depardieu incarnant Edmond Dantès dans le feuilleton Le comte de Monte Cristo. C'est aussi l'intérêt des grands documentaires du type L'odyssée de l'espèce ou Apocalypse.

« Si le volume horaire des fictions diffusées sur les chaînes gratuites a triplé, cette progression spectaculaire a profité essentiellement à la fiction américaine note Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Celle-ci est même majoritaire dans la case 20h – 23h. » Constat amer : les chaînes se multiplient, mais meublent le temps d'antenne par des fictions made in USA ; leur prix d'achat coûte infiniment moins cher que la production d'un film ou d'une série.

Nouveau paysage

Avec cette fragmentation des audiences, la baisse des grandes chaînes historiques, la montée en puissance des chaînes de la TNT, des programmes thématiques ou régionaux, on se trouve devant un paysage neuf.

Il est loin le temps où le téléspectateur ne disposait que de deux boutons : la première ou la deuxième chaîne ! Il est loin le temps de l'ORTF où « la télévision était une institution quasi-unique, référence pour toutes les familles. Alors, hors de « la » télévision, rien n'existait. Une seule chaîne, ou une seule ORTF, signifiait souvent une seule vérité dont le téléspectateur ne pouvait guère s'évader. L'explosion du nombre de chaînes peut être une chance en rendant au citoyen une liberté de choix et à l'expression télévisée un pluralisme nécessaire. Mais rien n'est acquis. Le meilleur ne s'impose pas forcément.

La pub' à la télé

TélécommandeCibler des millions de téléspectateurs pour faire connaître un produit, c'est un service qui peut rapporter gros. Les annonceurs le savent bien. 32 % des budgets publicitaires vont à la TV contre 44 % à la presse. En quatre ans, les investissements publicitaires sont passés de 6,4 milliards d'euros à 8,2 milliards. Premier investisseur : les marques de produits d'alimentation, suivies par celles de la beauté et de l'hygiène.

Combien ça coûte ?
- Coût moyen d'un spot de pub' sur les chaînes nationales : 10.000 euros
- Budget moyen investi pour un produit : 1 million d'euros sur les grandes chaînes nationales
- Pendant la coupe du monde de football 2010, 75,7 millions ont été investis dans les écrans publicitaires entourant les matchs (coût d'un spot de 30 secondes sur TF1 : 250.000 euros si la France était qualifiée ; 120.000 euros, sinon). A fin septembre 2010, le temps de publicité diffusé par les chaînes de télévision a augmenté de 24 % par rapport à 2009. Quand on mesure cet enjeu financier, on comprend mieux le climat dans lequel la télévision évolue.

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TÉlÉ publique – tÉlÉ privÉe : y a-t-il encore une diffÉrence ?

MireEn France la TV est née publique : la première émission de la télévision française, le 26 avril 1935, est diffusée depuis le ministère des PTT à Paris ; et en 1949 se créent la Radiodiffusion et télévision française (RTF). 3000 Français disposent alors d'un téléviseur. La télé privée apparaît beaucoup plus tard, en 1984 avec Canal+ puis en 1986 avec la Cinq de Silvio Berlusconi et la privatisation de TF1. Ensuite c'est principalement la télé privée qui va multiplier l'offre. Le service public reste cependant très fort dans notre pays et a diversifié ses chaînes. France Télévisions regroupe ainsi FR2, FR3, FR O, FR4, FR5. Il faut aussi considérer Arte, France 24, Public Sénat, LCP, qui ne bénéficient pas de la redevance mais respectent un esprit de service public.

La grande différence entre télé publique et télé privée tient d'abord au financement. France Télévision reçoit la majeure partie de la redevance mais ne peut plus faire de publicité après 20 heures, depuis le 5 janvier 2009.

Et pour le téléspectateur ? Il peut espérer que la télé publique, moins dépendante de la publicité et de ses contraintes (attirer à toute heure le plus grand nombre) offrira des programmes meilleurs. Mais c'est poser la question du contenu des programmes.

Ni vulgarité ni élitisme : le service du public

Le service public France Télévisions tire environ 30 % de ses ressources de la publicité. Certes cela n'empêche pas de programmer des émissions culturelles ou de qualité. Mais évidemment, cela invite à se préoccuper d'abord de « la ménagère de moins de 50 ans », c'est-à- dire des cibles préférées des spots publicitaires. D'ailleurs l'ancien patron de TF1 privatisée l'avait dit sans ambages : « notre travail c'est de vendre du temps de cerveau disponible pour la publicité » ! Le risque est donc là : formatage des émissions, profilage « grand public » permanent, pas de risque, peu de création. Mais le service public a aussi montré qu'il pouvait avoir de la ressource et résister à cette mauvaise pente : on peut programmer des films tirés des nouvelles de maupassant sans faire fuir le téléspectateur. On peut réaliser des séries valables qui rencontrent un public nombreux.

La création coûte cher

Les réalisations de qualité exigent de gros budgets. Il est plus coûteux de réaliser une fiction de 52 minutes que d'acheter un feuilleton américain ! D'où l'inquiétude des responsables de TV publiques, interdits de publicité après 20 heures : où trouver le financement, comment compenser ce manque à gagner ? Pour l'instant des petites taxes sur les opérateurs de télécoms, d'accès à internet, sur le chiffre d'affaires publicitaire des télés privées, mais surtout sur la reprise du marché publicitaire ont fourni à France Télévisions des recettes satisfaisantes, supérieures même aux prévisions. Mais demain ? On comprend que la TV publique ne veuille pas d'une suppression totale de la publicité, ce qu'elle nomme drôlement une « privatisation de la
publicité ».

Le service public doit être différent

Caméra & ClapLa création audiovisuelle exige des moyens conséquents, mais n'oublions pas qu'elle est la première vocation du service public : réalisations originales de fictions, soutien à la création cinéma, démocratisation de la culture (livre, musique, mais aussi questions de société), information indépendante et pluraliste, débat public, divertissement, programmes jeunesse de qualité, sport… Avec un pareil programme, il ne reste que peu de place pour la trash TV ou les émissions de racolage. Qui s'en plaindrait ? Si les citoyens acceptent de payer une redevance, c'est pour disposer d'une télévision de service public différente, orientée vers la qualité, et s'adressant à tous sans pratiquer un nivellement par le bas démagogique. Le nouveau président de France Télévisions, Rémy Pfimlin paraît déterminé « Grâce à l'abandon de la publicité qui nous permet de nous adresser au citoyen et non plus au consommateur, et grâce au numérique, nous pouvons proposer une télévision citoyenne, respectée, qui inspire confiance ». Sacré programme !

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La tÉlÉ nuit-elle À nos enfants ?

Petit garçon avec son ours en peluche devant l'écran de télévisionPlus de 2 h de télé par jour : nos enfants sont de grands consommateurs d'images. Jusqu'à 10 ans, ce sont les programmes « jeunesse » qui sont le plus regardés. De 11 à 14 ans, c'est le sport. Mais deux heures quotidiennes d'exposition aux programmes télévisés, est-ce bien raisonnable ?

Interdit au moins de 3 ans

Avant trois ans, l'enfant se construit par le mouvement, et la télévision risque de le confiner dans un rôle de spectateur purement passif. Une étude américaine a mis en évidence le fait que les enfants ayant passé le plus de temps devant la télé avant 3 ans obtenaient plus tard des performances moindres aux tests de lecture, de compréhension et de mémoire. Le CSA le rappelle : « la télévision n'est pas adaptée aux moins de 3 ans ». Un très jeune enfant exposé à la télévision reçoit un flux d'images et de sons qu'il ne comprend pas et qui peuvent entraver son développement. Le regard du bébé paraît calmé par l'écran, mais cette fascination est souvent suivie d'une agitation révélatrice de malaise.

Vigilance au delà

En grandissant, l'enfant est attiré par l'écran magique. Mais jusqu'à 6 ans il ne peut séparer le vrai du faux, la réalité de la fiction. Ce n'est qu'après que cette distinction s'opère. D'où la nécessité pour les parents d'accompagner l'enfant. Plus avant en âge, l'enfant deviendra plus autonome et friand d'images fortes et violentes. D'où une vigilance nécessaire, un apprentissage de la sélection des programmes. Lors d'une enquête en Californie, en 2005, on a montré que les enfants ayant la télé dans leur chambre obtenaient des résultats nettement inférieurs aux tests. En mai 2010 ont été publiés les résultats d'une étude de huit années, menée par deux universités américaine et québécoise : « Chaque heure au-delà de la moyenne (8 h par semaine au Québec) réduit de 7 % l'engagement manifesté en classe par l'enfant ». Pour la chercheuse Linda Pagani, « la majorité des parents ne connaissent pas les effets que la télévision peut avoir sur leurs enfants ». D'autres enquêtes montrent que ceux qui ont acquis un bon niveau universitaire sont ceux qui ont passé moins d'une heure par jour devant la télé. A méditer.

La télé n'est pas une baby sitter !

Enfants en bas âge en train de zapper avec la télécommandeL'enfant se construit. Il a besoin de temps pour comprendre et déchiffrer le monde. Il a besoin aussi de développer son propre imaginaire, par le jeu, par le langage. Pour Stéphane Clerget, pédopsychiatre, « le spectacle télévisuel ne laisse aucun espace à cette activité symbolique et bloque les expériences créatrices ». Certes mettre les enfants devant la télé établit le calme aussitôt. Mais c'est un leurre. L'abus de télévision altère la concentration de l'enfant. Pour le préserver, mieux vaut donc qu'il regarde la télévision après l'école plutôt que le matin. Sans en abuser. Et le sommeil, meilleure condition d'une bonne attention ne doit pas être sacrifié à l'excès de petit écran.

La violence laisse des traces

Cette violence est partout : séries policières, journal télévisé, violence réelle ou fictive, gestuelle ou verbale… Ces images ne sont pas innocentes pour nos enfants. Le mécanisme est bien connu : après avoir reçu une dose de violence l'enfant est en proie à un état de tension physique. Pour se soulager, il peut se montrer violent, agressif. Mais cet impact est lié étroitement au climat familial et social : le rôle des parents est de servir de filtre et d'apporter les éléments d'explication nécessaires.

Apprend-on à la télévision ?

Oui, bien sûr. Mais tout est affaire de mesure. Là aussi des règles définies ensemble à propos des programmes choisis et de la durée d'écoute sont utiles. Alors la télévision peut être un moyen de découverte précoce du monde. Mais plus l'enfant est jeune, moins il doit être laissé seul face à l'assaut d'images et d'émotions qui peuvent le bouleverser. L'adulte doit l'accompagner dans cette découverte. Et il doit varier ses loisirs : il y a une vie en dehors du petit écran. Activités physiques, sport, lecture, visites et promenades… La télé n'est pas à bannir pour les enfants. Elle doit être apprivoisée et maîtrisée pour ne pas faire de nos jeunes des accros décervelés.

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Les rÉdactions sont indÉpendantes, mais pas les patrons de chaÎnes !

Robert PietriRobert Pietri, vous avez été rédacteur en chef à TF1, à FR3 – vous avez lancé le Soir 3 –, vous avez aussi été patron de la 3ème chaîne à marseille, de FR3 Paris-ile de France : vous avez une connaissance rare des relations difficiles entre l'information et le pouvoir.

J'ai 52 ans d'expérience : cela a été pire ! J'ai commencé à Alger, pendant la guerre où nous étions littéralement sous contrôle civil et militaire. Chaque après midi, le porte-parole de l'armée nous livrait l'évangile selon Saint massu, saint Salan, ou autres… J'étais avec des confrères comme Philippe Labro, Jean Lanzi, Jean-Pierre Elkabbach, nous essayions de résister mais ce n'était pas possible. Sous l'ère de Gaulle, les choses ont continué. Pour les conférences de presse à l'elysée, on nous demandait d'envoyer les questions quinze jours avant sur les thèmes choisis par l'elysée. Seuls 4 ou 5 journalistes étaient autorisés à poser des questions : pour l'AFP Jean mauriac, pour Paris-Inter Jacqueline baudrier, 2 ou 3 journalistes pour la télévision, et c'était tout.

Les rédactions ont acquis depuis beaucoup plus de liberté ?

Les gens s'imaginent qu'aujourd'hui les rédactions des chaînes sont muselées. C'est tout à fait l'inverse. Nous avons assisté à l'évolution des mentalités des personnels politiques mais aussi des journalistes eux-mêmes. Il n'y a plus cette emprise sur les rédactions que j'ai moi-même connue, depuis le temps du général de Gaulle, des présidents Pompidou ou Giscard d'Estaing. Il y a eu une très nette parenthèse du temps de Jacques Chaban Delmas alors Premier ministre et de Pierre Desgraupes. Une ère fondamentalement différente. Une grande éclaircie. Pierrot disait : « Faites ce que vous voulez faire et non ce que les autres, les politicaillons, vous demandent de faire». Ça, c'était desgraupes ! Les choses ont commencé de bouger sous Mitterrand, et cela a continué avec Chirac. Aujourd'hui, les rédactions sont libres ; ceux qui ne le sont pas ce sont leurs chefs, leurs patrons, les présidents.

Est-ce que cela tient à leur nomination, hier par le CSA, aujourd'hui par le président de la République, du moins pour france Télévisions ? Le cordon ombilical n'est-il pas maintenu entre le pouvoir et la télévision ?

Oui, à l'époque du général de Gaulle, il y avait une ligne directe entre le ministre de l'information Alain Peyrefitte et les rédactions. Ce qui n'a pas changé, ce sont les relations entre l'elysée et les présidents de chaînes publiques. Depuis 2008, c'est le Président de la république qui nomme le président de France Télévisions. Certes le CSA doit donner son agrément ; mais je ne vois pas qu'on puisse s'opposer à une décision du Président de la République ! C'est bien le problème actuel des chaînes publiques.

Vous avez été à la tête de grandes télévisions régionales. A Marseille, quand G. Pompidou puis V. Giscard d'Estaing sont à l'Elysée, et G. Defferre à la mairie de Marseille. A Paris quand Mitterrand est à l'Elysée, et Chirac à l'Hôtel de Ville. Ce ne devait pas être simple ?

Plus compliqué à Marseille qu'à Paris. Mais j'ai eu une chance : il y avait deux fortes personnalités, Gaston Defferre et le ministre des sports du général de Gaulle, Joseph Comiti qui m'avait dit un jour « tu es Corse comme moi, tu avanceras dans le sens que je veux…Chez nous, on pique l'âne aux fesses » ! Avec Gaston Defferre les fleurets étaient mouchetés ; j'ai gardé un excellent souvenir de cet homme – de poigne, certes, mais qui n'intervenait pas. N'oublions tout de même pas ses réactions désastreuses à l'égard des « pieds-noirs ». Joseph Comiti, lui, téléphonait pour que j'envoie un reporter chaque week-end quand il arrivait à Marseille. Quand j'ai vu qu'il n'avait rien à dire, j'ai refusé. Là ont commencé les problèmes. Cette sorte d'équilibre entre Defferre et Comiti nous a été profitable. A Paris, franchement, je n'ai jamais eu de problème, ni du côté de l'Elysée, ni du côté de l'Hôtel de Ville. Jacques Chirac n'intervenait pas. Mais ce n'était pas du tout la même chose avec les députés et sénateurs d'Ile de France : eux voulaient intervenir sans cesse, sans rapport avec la région ; et en ne cédant pas, je l'ai payé très cher !

Est-ce que la télévision ne doit pas tenir compte d'un intérêt public qui surplombe la liberté d'informer ? Par exemple dans des affaires de prise d'otages, ou d'émeutes en banlieue où les images peuvent mettre de l'huile sur le feu ?

La décision n'est pas prise par un seul homme. Moi j'ai pris soin de m'entourer de collaborateurs, spécialistes de ces problèmes. C'est un problème très lourd à gérer. En faire trop, c'est accorder des facilités aux preneurs d'otages ou à ceux qui mettent le feu. N'en pas parler du tout, c'est impensable. Il n'est pas question d'étouffer les choses. Il faut les montrer ; il faut que les citoyens le sachent. Nous sommes un service public ou au service du public. Nous devons rendre des comptes. C'est vraiment ce que j'ai fait toute ma vie et beaucoup de mes confrères aussi. Il faut passer outre. Il n'y a pas d'interdit. Si vous commencez par respecter un interdit, il n'y a plus d'information libre.

Est-ce qu'aujourd'hui les moyens juridiques existent de protéger les rédactions de l'emprise du pouvoir ou de l'argent ?

Non pas du tout. Il n'est pas normal par exemple que ce soit le président de la République qui désigne les présidents de chaînes publiques. Le CSA n'a pas rempli sa fonction. Avez-vous entendu, par exemple une réaction du CSA à propos des problèmes entre Nicolas Sarkozy et Patrick de Carolis ? Son rôle est seulement « consultatif ». Les 9 sages sont nommés par le Président de la République, le président du Sénat et celui de l'Assemblée nationale. Le jeu est entièrement faussé : avec ce système on aura toujours un CSA de droite ou un CSA de gauche ! Il faudrait un autre schéma, avec 1 représentant du Sénat, 1 représentant de l'Assemblée, 1 représentant de l'exécutif, 3 représentants des personnels, et 3 représentants du public. Ils désigneraient parmi eux un président, et nommeraient les présidents de chaîne. La représentation du public me parait capitale. Quant aux télévisions privées, elles sont parfois comme les grands groupes de presse, liés à des entreprises bénéficiant de commandes publiques. Le poids de l'Etat est lourd, mais ne fait pas éclat comme pour les chaînes publiques. C'est un vrai problème et pas seulement en France.

Aujourd'hui vous êtes fortement impliqué dans la télé locale et dans la formation des journalistes ?

J'ai créé la première chaîne de télé locale TLT à Toulouse en 1988, après j'ai participé à la même chose à Lyon et j'ai créé 7LTV Montpellier dont je viens de quitter la présidence. Et aucun problème avec Georges Frèche ! Un grand bonhomme, qui n'intervenait pas ; il est venu une fois en 3 ans à 7LTV. Et en 1990 j'ai créé l'Ecole de journalisme de Toulouse, devenue la première école par le placement : 94 % de nos élèves trouvent un poste à la sortie. Je veux transmettre aux jeunes cette façon de voir l'information et de la traiter.

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Relever la tÊte !

Mémona HintermannDans le livre que vous venez de publier avec Lutz Krusche, vous vous impliquez directement. Est-ce que les épreuves que vous avez-vousmême traversées vous ont aidé à gagner la confiance de ceux dont vous racontez la vie ?

J'ai raconté les jeunes années de mes frères à La réunion, j'avais une dette d'honneur à leur égard. Lorsque le livre a paru, mon frère Farouck m'a appelé. On est d'ordinaire discret dans nos familles créoles, on extériorise peu ses sentiments, mais il m'a dit « tu m'as fait le plus beau cadeau de ma vie. maintenant les gens vont me respecter ». Ma nièce, Nathalie, aurait très bien pu travailler, gagner sa vie, devenir institutrice – ce qui chez nous est une marque de réussite, une garantie de ne jamais mourir de faim : cela s'appelle « un pied de riz » ! Mais elle a choisi de se retirer du monde, religieuse dans un monastère. Cet itinéraire, au contact des plus humbles, au ras des pâquerettes, m'a permis de penser mon métier de journaliste autrement. A Haïti, à bagdad, à Gaza, dans des pays en guerre je n'ai jamais perdu ce contact. Partout, je veux montrer comment on vit, je me souviens de ces visages des femmes, dans leur maison, la vie quotidienne des familles. Les gens n'accepteraient pas de se dévoiler ainsi si je n'avais pas cette lettre d'accréditation, qui est mon propre parcours.

Le point commun de tous les personnages que vous amenez à la lumière, c'est qu'ils ont tous surmonté des épreuves. Là où il y a une volonté il y a un chemin, dites-vous. Plutôt que gémir ou se plaindre, vous invitez à réhabiliter l'altruisme.

Bien sûr, quand on a connu un temps ou la préoccupation quotidienne était « comment vais-je me nourrir à midi ? », quand on a connu cela avec une telle acuité, cela ne vous quitte jamais. J'ai été invitée à brive pour un salon du livre, je suis revenue avec un grand cabas de provisions… Toujours la peur de manquer ! Alors bien sûr on peut, on doit se plaindre ; c'est parfois nécessaire, mais il ne faut pas rester dans cette situation. L'honneur d'un être humain c'est de savoir faire effort. L'honneur d'un être humain qui a reçu une éducation, c'est de se dire que cette éducation va permettre de gravir l'échelle. C'est l'espoir pour les uns, l'espérance pour d'autres. Vertu théologale ou vertu civile, c'est en tout cas pour moi une vertu républicaine. C'est ce que les générations d'avant ont fait. c'est ce que les résistants ont fait.

Vous donnez la parole dans votre livre à des paysans des Côtes d'Armor. Ils sont face à une vague qui les submerge, la fin programmée de la PAC en 2013, etc… Malgré cela, vous montrez des gens qui ne se laissent pas abattre, qui réagissent ?

Ils savent très bien que le combat est très inégal. C'est la financiarisation de l'économie. La société qui ramasse le lait ne se préoccupe pas de la viabilité des exploitations d'élevage, mais des dividendes pour ses actionnaires. Et ces paysans des côtes d'Armor, ou ceux de la corrèze que j'ai rencontrés à brive, sont tellement dignes, tellement peu enclins à exposer leur coeur ou leur porte-monnaie, qu'ils en viennent à préférer se supprimer que d'élever la voix. Au moment de commencer ce livre, je me suis dit « il faut aller voir ces gens ». Même s'ils sont dans l'ombre, dans le clair obscur, une partie du patrimoine de la France est attachée à leur façon d'être et de vivre. Ce qui risque de disparaître, ce sont des gestes, des mots, un langage, des habitudes de vie, des couleurs, une civilisation. ce n'est pas une nostalgie, c'est une France emblématique et sublimée. Si on fait l'effort de ne pas rester à Paris et dans le métro, si on va sur place, cela saute aux yeux !

Venant de vous, venant de Nora « la beurgeoise », de Georges Charpak, le prix Nobel de physique récemment disparu, venant même de Dominique, le dentiste devenu prêtre, votre livre résonne d'un éloge de l'école, de la laïcité, de la République… Est-ce que c'est toujours le cadre de la réussite ?

Est-ce que vous en connaissez un autre ? Je ne le crois pas. J'ai observé avec beaucoup de joie, dans la manifestation pour les retraites par exemple à Paris, derrière Ariane mnouchkine, une foule avec des drapeaux bleu blanc rouge. Je suis allé les voir :
« bravo, enfin vous vous réappropriez l'emblème national », ce sont ces symboles qui nous rapprochent le plus de la République. Et la République c'est notre toit commun, notre maison commune. même si le drapeau, les symboles ont été abîmés dans les guerres coloniales, ce n'est pas une raison pour les laisser tomber dans le ruisseau. J'ai suivi la campagne électorale de Barak Obama, et je me souviens du rassemblement du 4 novembre 2008 à chicago, de cette saveur intacte du goût de l'espérance. Une foule de toutes origines sociales, ethniques, se disait « on se donne la main ; c'est possible ». En France, un vrai élan de générosité « je vais essayer de surmonter, de pardonner » rendrait plus facile la vie ensemble sous ce toit commun qu'est la république. Si avec les peuples qui ont été soumis à la domination coloniale, on faisait la paix, comme on l'a fait avec l'Allemagne après 1945, ce serait un langage très utile. Il faut pour cela de grands hommes à l'image de charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Car je vois autour de moi combien les plaies sont encore béantes, notamment auprès des jeunes issus de l'immigration.

Vous nous faites connaitre des gens, des caractères qu'on voit rarement sur les plateaux de télévision ?

A la télévision, on expose souvent le malheur, la pauvreté, l'émotion. En dehors de ces grands moments on voit peu de gens qui vous ressemblent. On voit beaucoup de personnes dont l'outrance, le mode de vie, la réussite scandaleuse occupent l'écran. A force de présenter ce miroir déformé à la société, on ne se retrouve plus dans la télévision. Les gens manifestent une véritable suspicion, ils se méfient de tout ce système médiatique qui se déverse sur eux. La télé reproduit sa propre image, mais il ne faut pas croire que le public se laisse berner pour autant. La télévision est en décalage avec les gens, éloignée de la réalité, de la raison et des coeurs.

Vous écrivez « ces femmes et ces hommes ont trouvé leur voie malgré le cirque publicitaire qui nous soule de l'aube à la nuit. » Est-ce que ce livre n'est pas une cure de désintoxication, par rapport à une certaine dérive télévisuelle ?

Oui, nous sommes sommés d'être extrêmement conformistes, de ressembler les uns aux autres. Mais pourquoi avoir peur, à partir du moment où on défend des causes nobles ? beaucoup de gens dans ma profession n'osent pas. Allons au feu ! Aux armes, citoyens !

Une télévision sans publicité permettraitelle de donner plus de place à ceux qu'on ne voit jamais ?

Gardons les pieds sur la terre. Trop de pub, comme sur les chaînes américaines, c'est insupportable. Un peu de pub, oui car la télévision est une activité très chère. mais si on veut donner la parole aux gens qu'on ne voit pas à la télévision, c'est une obligation que nous, gens de télévision, devons nous donner. Les programmateurs de télévision ne sont pas assez hardis. Ils fonctionnent avec une calculette et « des études ». Quelles « études » ? Ces cabinets d'audit nous ont emmenés dans le décor ! Tout le monde le sait. Il faut être au service du public et non de quelques copains qui profitent du système, toujours les mêmes ! Nous sommes souvent en porte-à-faux par rapport à ceux que voulons servir.

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Label d'excellence pour le CSF

Label d'excellenceLa revue « Les dossiers de l'épargne » d'octobre 2010 a décerné son label d'excellence au contrat CSF Assurance des emprunteurs.

L'équipe de la revue a examiné à la loupe la très grande majorité des contrats d'assurance décès – invalidité – incapacité de travail proposés à ceux qui souscrivent un emprunt. La concurrence est vive sur ce terrain, avec la loi Lagarde qui permet depuis le 1er juillet 2010 de bien distinguer le crédit immobilier et l'assurance-emprunteur. Auparavant, l'offre d'une banque, par exemple, était globale. À présent l'emprunteur dispose du libre choix de son assurance. Et mieux vaut y regarder à deux fois.

Meilleure garantie – garantie du meilleur

L'assurance des emprunteurs cSF est montée sur la première marche du podium pour de nombreuses raisons. d'abord elle couvre très complètement l'emprunteur et comporte très peu d'exclusions. De même le délai de franchise en cas d'invalidité est de 60 jours, au lieu de 90 dans la plupart des contrats. On peut de plus y associer une assurance chômage ; un capital éducation de 10.000 euros pour les enfants de moins de 26 ans fiscalement à charge, est prévu en cas de décès du titulaire.
Pour les militaires, policiers, gendarmes, pompiers, pas de mauvaise surprise : la couverture comprend ces métiers à risques et les missions à l'étranger, par exemple pour des opérations de maintien de la paix. Pas de restriction non plus sur les pratiques sportives : les passionnés d'alpinisme, de plongée ou de boxe ne sont pas exclus.
Et le CSF, fidèle à ses valeurs de solidarité entre les générations, applique le même tarif, que l'emprunteur ait 20 ou 60 ans. Mieux : cette assurance ouvre la possibilité d'être couvert jusqu'à l'âge de 85 ans dans des conditions tarifaires qui restent très compétitives.

Toujours du côté du consommateur

Pourquoi cette récompense ? Parce que le groupe CSF se met à la place de ses adhérents et connaît bien les fonctionnaires. Il y a, en son sein, une direction contrôle et risques qui passe au peigne fin les produits d'assurance sélectionnés avant de les proposer aux adhérents. Ils détectent toute éventuelle faille dans ces services, en se plaçant toujours du côté du consommateur. La confiance, ça se mérite.

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